Nos artistes

Angèle Verret

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Pour faire parler le brouillard….  Depuis très longtemps, elle s’intéresse à l’outillage, celui conçu pour mieux voir le monde ou le comprendre autrement. De la loupe à l’imagerie numérique, du microscope au télescope elle observe les images instrumentalisées avec fascination. Elle avait écrit, au début des années 2000, un court texte qui est tout aussi valide aujourd’hui car, même si sa production s’est modifiée, ce qui la sous-tend demuere inchangé  : "C’est en m’intéressant au photographique, à sa façon de diviser le réel en fragments, à ses flous, ses bougés, à sa couleur toujours hypothétique, à son rapport au temps et à la mémoire, à ses supports, ses formats, ses finis et par dessus tout à l’importance de la lumière, que j’ai découvert des promesses pour peinture. Des promesses qui nous rappellent que ce que nous croyons tenir nous échappe, que ce que nous finissons recommence, que ce que nous vivons n’est que passage, que ce que nous croyons n’est qu’illusion et que ce qui semble clair n’est que l’autre côté du sombre. La peinture comme trajectoire du faire, ingéniosité du vide et marquage de temps." Trajectoire du faire : travailler de manière à maintenir à distance tout relief réel, tout empâtement permet de proposer une matérialité énigmatique, une présence-absence, faisant appel à la tactilité, informant le corps d’un Autre. Poser des gestes anonymes, les voir disparaitre et réapparaitre au séchage, tracer, retracer, gratter et écrire sur «l’eau», effaçant inlassablement ce qui vient tout juste d’y être tracé. Deviner la suite des choses, espérant en garder un souffle, une marque, un indice. Une pratique qui interroge la matérialité et l’immatérialité des apparences de manière à produire du doute. Ingéniosité du vide : chaque peinture est, d'une certaine façon, comme un mot dans une très longue phrase, une réflexion sur l’image, procédant d’une pensée complexe, faite de temps différents et de désirs entremêlés, d'expériences multiples qui s'imbriquent les unes dans les autres pour faire image. Fuyante, fugitive, travestie et instable, elle semble dire et dédire à la fois, faites du doute, de cette part de mystère qui lie la vie à la mort. C’est d’une expérience sensorielle qu’il s’agit, une forme qui tend à émerger du sensible, du tactile, du linguale, de l’olfactif, de l’audition, de connaissances qui hantent, de pulsions, d’improvisations, de quelque chose de symptomatique, une rupture, une brèche, une fissure, puis, défaire, refaire, démonter, reconstruire etc. Marquage de temps : les temps passés et présents, le désir de voir, de faire, de faire voir s’entremêlent. Il s’agit d’une expérience ou le conscient et l’inconscient travaillent ensemble, où la mémoire, les réminiscences agissent de concert à la construction d’un univers pictural spécifique, particulier. Il y a beaucoup de moments de peinture au sein de chacune d’elle. Il s’agit d’un travail dont le but des procédures est d’atteindre une transformation des conditions fondamentales de la ressemblance et de la représentation.

25
Sep

Lancement de la galerie virtuelle

11 H

vendredi, 25 Septembre 2015

Centre culturel St-John

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